Ismail Marahimin

And the War is Over

And the War is Over

Traduit de l’indonésien par J.H. McGlynn

Lontar – Edition numérique (2011)

L’occupation japonaise pendant la seconde guerre mondiale ayant marqué l’histoire récente d’une grande partie de l’Asie, bien présente en littérature, fait partie de ces incontournables dont on ne peut ignorer l’existence.  C’est donc sur ce thème que repose l’unique roman publié par Ismail Marahimin un enseignant né en 1934 sur l’île de Sumatra.

S’inspirant des derniers jours de l’occupation, ce roman, qui se déroule à Taratakbuluh, une petite ville de Sumatra, explore les divers points de vue des principaux acteurs ayant prit part à ces événements. On y retrouve donc des militaires japonais, des prisonniers hollandais, des commerçants et bourgeois locaux ainsi que des romusha (indonésiens déplacés et ’employés’ par l’occupant japonais), etc.  Tandis que l’histoire est en train de marquer un tournant et que les destins s’apprêtent à basculer, on découvre peu à peu qui sont ces gens, d’où ils viennent et quelles motivations sont à l’origine de leurs actes.

A la croisée du récit de guerre et de l’étude de mœurs, on peut aisément apprécier cet ouvrage pour sa valeur historique et sociologique. Grâce à une narration glissant habilement d’une perspective à l’autre, l’histoire et la psychologie de chacun des principaux acteurs est dévoilée au fur à mesure que l’action évolue.  Ainsi, tout en acquérant une connaissance intime des expériences vécues par chacun des personnages,  le lecteur développe peu à peu une vision panoramique des événements vécus par cette micro société.  Fort de cette vision d’ensemble, le lecteur est éventuellement à même de tirer ses propres conclusions.

Le ton est juste, la tension est bien maintenue, l’écriture est sans artifices et va droit au but.  Atteignant un bel équilibre entre la forme et le fond ce roman, qui n’est pas sans rappeler La grande évasion1, est à la hauteur de ce qu’il annonce.

 

  1. The Great Escape/La grande évasion est le titre d’un roman de Paul Brickill, récit dont s’est inspiré John Sturges pour réaliser un film portant le même titre et qui fut diffusé en 1963.

 

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