Au soir d’Alexandrie
Titre original : الأشجار تمشي في الإسكندرية /Al-ashjār tamshī fī al-Iskandarīyya (Les arbres marchent dans Alexandrie), (Hachette Antoine, 2024)
Traduit de l’arabe vers le français par Gilles Gauthier
Editions Actes Sud, 2024
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D’origine égyptienne, ce dentiste devenu écrivain enseigne désormais la littérature dans une université étatsunienne. Parmi ses publications, la plupart semblant avoir été assez bien reçues, étant particulièrement intéressée par le sujet qu’il aborde, c’est sans hésitation que je me suis lancée dans la lecture du dernier roman publié en date par Alaa al-Aswany.
Le récit s’ouvre le 10 septembre 1964, à Alexandrie. Suivant les étapes d’une recette éprouvée, dans un premier temps il nous livre une petite description du contexte dans lequel une partie de l’action va se jouer. Ainsi, nous découvrons tout d’abord le restaurant Artinos (du nom de son fondateur), lieu prisé par une clientèle sélect, à l’étage duquel se trouve un bar où, après la fermeture du restaurant, un petit groupe d’amis surnommé le Caucus se réunit à intervalles réguliers pour boire un pot et échanger quelques potins et autres points de vue sur différents sujets.
Une fois cela fait, l’étape suivante consiste à introduire les personnages. D’un chapitre à l’autre, les membres du Caucus ainsi que certains de leurs proches nous sont ainsi présentés, après quoi, le récit revient en alternance sur chacun des personnages dont les histoires passées et/ou actuelles nous sont ainsi dévoilées. Ce faisant, quelques leçons portant sur le contexte politique et/ou sur la psychologie humaine viennent compléter le portrait tout en veillant à bien instruire le lecteur sur divers points précis.
Puis la vie suit son cours ; on travaille, on veille la nuit, on s’aime, on se chamaille, on fume, on boit, on fait l’amour, et ainsi de suite. C’est aux abords du dernier tiers du roman que les choses commencent à se corser.
Peu à peu on est alors amené à découvrir comment les tentacules du régime de Gamal Abdel Nasser (en place depuis 1956) s’étant glissées en catimini au cours des huit années précédentes, vont soudainement venir s’enrouler et se resserrer autour des personnages avec lesquels nous avons désormais pu acquérir une certaine familiarité.
Puis à partir du dernier quart du roman, tout se disloque. Dès lors, la vie ne suit plus son cours, et le monde n’affiche plus que son imparable laideur. Désormais transformée en un lieu menaçant où chacun tente de sauver sa peau, l’Alexandrie que l’on aimait tant n’est plus.
Peu exigeant à la lecture, le roman se veut donc illustrer de manière simple et facilement compréhensible, les rouages par lesquels ce régime autoritaire aura fini par s’insinuer jusqu’à en ruiner les existences de tout un chacun.
Si entre autres traits propres à ce type de régime, l’espionnage, la délation, le nationalisme ethnocentré, le resserrement des contrôles et l’érosion des droits et libertés viennent par leur occurrence insuffler quelque vraisemblance au récit, souffrant par ailleurs de diverses maladresses, le cadre romanesque dans lequel ces éléments s’inscrivent prive l’ensemble des éventuelles qualités littéraires sur lesquelles il aurait pu favorablement s’appuyer.
Narré sur un ton quasiment simpliste et parfois pontifiant, servi par une prose empâtée, le récit se déverse dans une langue et dans un esprit plutôt élémentaire.
Stéréotypés, les personnages sont si peu nuancés si bien qu’il en deviennent prévisibles. Ne brillant pas particulièrement par l’intelligence, ils semblent n’avoir été conçus que pour toucher le lecteur et/ou pour servir, à juste titre, le propos du roman.
Quant au contexte, outre quelques noms d’hôtels, de bars et autres lieux, l’évocation de quelques événements ayant marqué l’histoire d’Egypte au cours de la seconde moitié du XXe siècle, dressent en quelques traits un tableau plutôt schématique de l’ensemble.
Encensé tel qu’il fut par la critique, j’avoue que je m’attendais à un ouvrage beaucoup plus étoffé. A l’exception des fous rires générés par l’insignifiance de certains passages, cette lecture m’a tout simplement ennuyé. Mais elle aura tout-de-même servi à m’encourager à exercer plus de vigilance pour la sélection de mes prochaines lectures.
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